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Le dernier roman de Jean-Luc Barré, « Le corps d’origine », ne fera certainement pas de bien au monde politique et risque de conforter les arguments de ceux qui discréditent les politiciens.

Ce roman de politique fiction, pas si fiction que cela par ailleurs, nous raconte les tribulations de Guillaume Roussel ex premier ministre de la France et candidat de la droite républicaine pour les élections présidentielles. Il est impliqué dans une « affaire » qui risque de rendre intenable le maintien de sa candidature. Cela nous rappelle quelque chose, même si le scandale en question n’est pas financier. Il met en cause les mœurs du candidat. Un jeune « escort boy » marocain est assassiné à Paris. Le nom de Guillaume Roussel est mentionné dans une lettre que le jeune homme aurait confié à son frère et le garçon apparaît sur une photo où Roussel est également présent.

Le récit met en scène des personnages que l’on identifie : un journaliste d’investigation, un homme d’affaire sulfureux, un avocat parisien, tous ces gens sur lesquels il serait presque possible de mettre des noms de personnalités bien réelles.

C’est bien écrit, on ne s’ennuie pas un instant dans un récit mené comme un polar et plein de rebondissements. Mais ce que l’on retiendra c’est la personnalité de Guillaume Roussel.

Chez ce dernier, tout est faux. Il vend à ses électeurs une parfaite icône de la droite, fabriquée de pied en cap. Il a leurré tous ses proches en leur offrant une image d’un homme qu’il n’est pas. Venant d’une famille où l’on pense plutôt à gauche, il est devenu un homme de droite, cette droite bourgeoise, un peu puritaine, attachée aux valeurs traditionnelles. Il est contre le mariage gay, encense la famille traditionnelle à l’image de celle qu’il a artificiellement fabriquée. Mais il n’a pas renoncé à sa sexualité indécise, alternant les liaisons avec les filles et les garçons, tout cela bien camouflé grâce à une organisation parfaitement huilée afin de ne pas écorner cette image de lui, image qui doit lui permettre d’accéder à la magistrature suprême, car il n’y a que cela qui l’intéresse.

« La politique ce sont des idées » écrivait Albert Thibaudet. Roussel n’en a pas. « Les idées en soi ne l’intéressaient pas, d’où la facilité avec laquelle il s’est empressé d’en changer dès qu’il en a perçu l’utilité ». C’est là que réside le péché originel de ce type de personnages qui sont souvent doués d’intelligence, ce qui leur permet de gérer honorablement leur carrière et parfois pas si mal, un ministère, un département, voir un pays, mais qui n’ont pas « d’idées » au sens philosophique du terme. Ils ne sont pas si difficiles à identifier et l’on en trouve dans tous les camps politiques.

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