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L'Anarque

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Blog de lectures


Février 2015. Le Bonheur National Brut. François Roux

Publié par François ROUX

C’est peut être l’homonymie de l’auteur avec ma personne qui m’a attiré vers ce livre que l’on m’a offert non sans malice. Je n’ai pas été déçu puisque j’ai lu les 680 pages de ce roman avec plaisir et sans m’ennuyer.

Quatre garçons (comme les Beatles !) Paul, Rodolphe, Tanguy et Benoît obtiennent leur bac en 1981, l’année de l’élection de François Mitterand à la présidence de la république. Le récit comporte deux parties. La première relate les débuts de la vie d’adulte des quatre amis pour lesquels tous les espoirs sont permis, au cours des années quatre-vingts. Dans la deuxième partie, ils sont installés dans l’existence et tous ont réussi chacun dans leur voie sauf peut être Paul, le narrateur, auteur et acteur de théâtre raté, homosexuel ayant eu longtemps du mal à l’assumer surtout vis à vis d’un père raide et intolérant. Mais à l’approche de la cinquantaine, au début du vingt et unième siècle tout n’est pas si simple et leur épanouissement dans la vie tant professionnelle que personnelle est une tâche aussi difficile que celle de réussir et de réaliser leurs projets.

Le choix des personnages relève certes du cliché et c’est là le défaut du roman. Il met en effet en scène quatre caricatures: un homme politique de gauche arriviste, un cadre de multinationale qui divorce et fait un burn out à l’approche de la cinquantaine, un artiste déconnecté de la vie réelle et un théâtreux homosexuel séropositif. Ces choix et ces parcours font preuve d’une vision de la société un peu réductrice qui trahit probablement l’environnement d’un auteur qui évolue dans certains milieux bien spécifiques. Ceci étant ces personnages sont sympathiques, voir attachants et on les suit avec plaisir dans le tumulte de leurs passions et de leurs désirs.

Benoît est probablement le plus intéressant. L’auteur sait décrire ses ressorts intimes, les moteurs de sa créativité, ses névroses, sa vision du monde et de la vie: un certain détachement de tout sauf de ce qui est essentiel pour lui, à savoir son art et l’amour secret qu’il porte à Alice, la femme de son ami Rodolphe. Tout cela fait de lui un être original et attachant. C’est probablement dans l’invention et la mise en scène de Benoît que l’auteur sait nous faire oublier les clichés et les poncifs de bobo que l’on peut trouver agaçant.

De la même manière les réflexions de Paul sur ce qu’est le vrai bonheur dans les dernières pages du livre lui donne un peu plus de profondeur : ne pas souhaiter atteindre son but est de manière paradoxale, la façon la plus judicieuse de s’approcher du bonheur. Nous devrions être des promeneurs de nos vies au lieu d’en être des marcheurs entêtés. On peut ne pas être d’accord avec cette approche hédoniste et peut être aussi lâche de l’existence, mais il y a tout de même un peu de vrai dans ces quelques lignes surtout à la fin du récit de la vie de ces quatre garçons devenus hommes.

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